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Film
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TitreQue la fête commence...
Réalisateur(s)
Date1974
Représentation
CatégorieXVIIIe
EpoqueXVIIIe
Générique technique
Scénarioet dialogues: Bertrand Tavernier, Jean Aurenche
Longueur / Durée du film2h00
MusiquePhilippe d'Orléans, retranscrite par Antoine Duhamel
Pays de productionFrance
Équipe techniquephotographie: Pierre-William Glenn
costumes : Jacqueline Moreau
décors: Pierre Guffroy
Générique artistique
Acteur(s)
Réception et documentation
Autres références bibliographiquesElisabeth Janer, "Le Régent au cinéma", in Le Régent entre fable et histoire, CNRS éditions, 2003, p. 157-165 et 189-191
Résumé et commentaire critique
Résumé et commentaire critique
"Malgré le succès de l'Horloger de Saint-Paul, j'ai eu beaucoup de mal à financer Que la fête commence. Les distributeurs français pensaient qu'il n'y avait pas de public pour un film historique. C'est une filiale de Paramount qui a permis que le film se fasse. D'ailleurs, 35 ans après, j'ai eu le même problème pour Mademoiselle de Montpensier.
Que la fête commence était une vieille idée, un des tout premiers scénarios que j’aie écrits. Au départ il s’agissait d’une adaptation que j’avais faite du roman de Dumas, Une fille du régent. Mais en retravaillant le scénario, Jean Aurenche et moi nous sommes aperçus que nous écrivions des scènes pour retarder le plus possible l’entrée de la jeune première et du jeune premier, lesquels ne nous intéressaient en fait pas du tout. Nous sommes donc repartis de zéro, en farfouillant dans Saint-Simon, les lettres de la princesse Palatine et les documents historiques, sans idée préconçue de l’histoire. Dès que nous trouvions un trait amusant, nous en faisions une scène. C’est ainsi que le film s’est construit naturellement.
Je n’avais pas de modèle dans le genre du film historique, sinon peut-être les films italiens de Freda, Cottafavi, que j’admirais dans ma jeunesse, ainsi que Casanova, un adolescent à Venise de Comencini. En revanche j’avais des anti-modèles : les films français des années 1950-1960 : Fanfan la tulipe de Christian-Jaque, l'espace plat du Bossu de Hunebelle, le monde guindé de la Princesse de Clèves de Delannoy. Dans mon film, Dubois donne des coups de pied dans les meubles d’époque ; et, pour la première fois au cinéma, on voit les personnages enlever leur perruque. J’ai également refusé la pratique insupportable de l’accéléré pour filmer les cavalcades ou les duels.
On se fait une idée trop aseptisée du passé. Un jour, dans les Dossiers de l’écran, Edgar Faure m’a reproché d’avoir situé le crime du comte de Horn dans une cour de ferme et non dans une auberge : mais les cours d’auberge de l’époque ressemblaient à des cours de ferme. En 1974, le langage et le contenu de certaines scènes ont choqué. Mais il n'y a que sept minutes d'orgie pour un film de 2h01; c'est une proportion bien moindre que dans l'emploi du temps de Philippe d'Orléans.
J'ai beaucoup employé la caméra portée, ce qui était facile avec Pierre-William Glenn. Un jour Jean Rochefort m'a dit : “tu te sers de la caméra comme si elle avait été inventée en 1715".
[Propos de B. Tavernier, cinéma "Les 400 coups", Villefranche-sur-Saône, 13 nov. 2010, recueillis par D. R.]
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