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TitreLes Misérables de Robert Hossein, Cahiers du cinéma, n° 342, décembre 1982.
DateMercredi 1 Décembre 1982
Auteur(s)Serge Le Peron
SourceCahiers du cinéma
Filmographie
Texte

« Les Misérables de Robert Hossein »

Qu’on la regrette ou qu’on la loue, c’est incontestablement une dominante « noir de fumée » que le film de Robert Hossein exhibe. Tout ce qui mérite le qualificatif de misérable (homme, femme, enfant, animal, chose, situation) s’y trouve impitoyablement recouvert d’une épaisse couche de suie. Libres les exégètes de considérer qu’ainsi l’auteur a voulu formellement marquer l’épisode du petit ramoneur comme central dans la rédemption de Jean Valjean (mais quelle est alors la place de la sainte attitude du vieux curé et quid du statut des chandeliers ?), ou bien de voir dans le noir de fumée la métaphore de l’esprit pompier que le film ne manque pas non plus d’étaler. On ne peut cependant s’empêcher d’y reconnaître la marque, la facture comme on dit, de la prosaïque Société Française de Production toutes tendances (technique, administrative, syndicale) confondues. Ce barbouillage est en effet avant tout le signe d’une absence, celle d’un metteur en scène capable de maîtriser et de canaliser la logique industrielle de la vénérable institution que l’on sent dès lors ronronner de plaisir comme jamais sous le récit hugolien : maquillés, costumés, décorés, filmés, éclairés.. par des rouages à l’état brut, lus à travers une grille qui recouvre ce que l’on peur appeler le système de pensée-FEN puisqu’il faut l’appeler par son nom (la FEN pour le contenu, la SFP pour la forme ; la SFP pour les moyens, la FEN pour la fin – l’édification de toute une génération aux vertus du bien public), « Les Misérables » du vieil Hugo nous sont encore une fois (c’est la 33e) contés en langue de bois.

Résultat : même les comédiens sont frappés : Carmet n’y est pas bon, Ventura plus limité que prévu, et les acteurs secondaires dépassent rarement l’image conventionnelle de leurs personnages (Marius peut-être ?). Seul Michel Bouquet, interprète décidément exceptionnel (on a pu également le constater récemment sur le petit écran dans le premier épisode du Mozart), donne à Javert toute sa dimension. C’est peut-être un signe des temps. Vivement la 34e édition !

 S[erge] L[e] P[éron]

 

 

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Éditeurs : Delphine Gleizes et Denis Reynaud [UMR IHRIM]

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